4.01 – BCV ART

 


Musée Jenisch – Vevey  BCV-ART


Steve Lacy
soprano sax
Garth Knox
viola
Ernesto Molinari
cl basse
Leonzio Cherubini
composition et batterie


Quand l’époque est plutôt à la reproduction à l’identique des chansons à la mode ou des images d’un vidéo-clip, que vous apporte le parti pris de l’improvisation ?

Il est non seulement salutaire, mais indispensable à ma recherche.

Est-ce que vos prestations reposent tout de même sur l’interprétation d’un répertoire ?

Oui bien sûr. Mais l’important est de savoir dépasser les restrictions que pourraient appeler les genres respectifs. Être dans l’entre deux d’une “musique écrite” et d’une “musique improvisée” c’est ce qui m’intéresse. Par définition, le ”spectacle”  vivant ne devrait pas se répéter, car il ne repose pas uniquement sur la rigidité d’une mécanique rythmique indéfiniment réitérée. Le but est de mettre en avant la capacité du compositeur, comme du musicien d’ailleurs, à sortir du cadre. C’est un risque sans calcul apparent, qui se gère à l’instinct.

Comment définissez-vous vos recherches sur et avec les instruments ?

Cela est inhérent à ma pratique de la percussion. Je vais chercher le son dans l’instrument, jusqu’à l’extrême! Où l’on se demande si c’est vraiment la partition qui inspire l’instrument, ou ne serait-ce pas plutôt l’instrument qui devient son…

Et la relation corps versus instruments ?

Pour moi, et d’une manière peut-être grandiloquente, l’émission du son est faite de chair et de sang. Cela ne procède pas d’un concept, mais correspond plus à un “corps à corps” avec l’instrument qui passe par tous les registres (vigueur, tendresse, caresse, blessure etc).

Quels liens faites-vous avec le domaine des arts plastiques et vos recherches musicales ?

Je ressens une similitude dans la manière de relancer, sans cesse, la formulation permanente d’un langage. C’est comme relever un défi, celui d’interroger, encore et toujours, les outils et les moyens propres de chaque discipline, les examiner sous un angle critique, tout en mettant en exergue le pouvoir de fascination de chacune d’elle. La question récurrente du peintre c’est “que peindre et comment”, celle du musicien, c’est “que composer et comment l’interpréter”.

Propos recueillis par Catherine Othenin-Girard.



Soutien :
BCV-ART Banque Cantonale Vaudoise