INTRODUCTION

La notation musicale graphique étant multiple, on peut d’emblée considérer qu’il y a autant de façons de l’aborder que de compositeurs qui s’y adonnent.

Le travail ici présenté est rattaché à l’histoire des notations graphiques apparues dans les années cinquante qui proposent de fait un changement de culture, une remise en question du rapport compositeur / interprète / auditeur, une redéfinition des rôles, des habitudes et des hiérarchies établies.

Inscrite dans le sillage du mouvement « The New York Schools of Music and Visual Arts » la notation développée se démarque des liens habituels, de cause à effet, entre écriture et interprétation. Les correspondances entre écrit et sonore sont bousculées, la part d’indétermination est inhérente – et de façons différenciées – au processus de composition et d’interprétation.

Le travail a débuté par l’élaboration de partitions graphiques statiques, soit réalisées sur papier, puis a évolué vers une notation animée et donc évoluant sur écrans.

Démarche prospective, cette approche de la notation musicale nous pose d’avantage de questions qu’elle n’apporte de réponses et c’est bien la manière de transmettre le contenu aux interprètes qui prime, d’où un intérêt envers les nouveaux médias. Les outils informatiques, l’internet, les réseaux, engendrent et permettent un rapport nouveau entre pensée, signe et son.

Tout comme autrefois l’imprimerie, les nouveaux médias modifient notre perception, notre conception du monde. La notation musicale graphique est destinée à devenir multimédia et ne saurait se priver de cet horizon si riche en perspectives.

Soulevant des interrogations pour le moins stimulantes, les développements potentiels ne sont pas simplement envisagés sous leurs aspects technologiques, mais vont bien dans le sens d’une mise en valeur de l’art des sons, de la composition, de l’interprétation et de l’installation d’un rapport autre, entre compositeurs, interprètes et auditeurs… probablement en résonance à la nécessité de créer. Leonzio Cherubini – mai 2017.

« Toutes les choses surgissent par nécessité et font valoir les exigences de leur temps. »  Lucio Fontana


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